Le mythe du CO₂ : comment la politique a transformé un gaz en monnaie

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a black and white photo of a light switch
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Depuis une vingtaine d’années, le dioxyde de carbone est devenu le visage officiel de la pollution.
C’est lui qu’on pointe du doigt, qu’on taxe, qu’on affiche sur les fiches techniques et dans les publicités.
Le CO₂ est partout, comme s’il résumait à lui seul le sort de la planète.
Mais pourquoi lui ? Pourquoi cette obsession pour un gaz incolore, inodore et, au fond, vital à la vie sur Terre ?

La réponse est simple : le CO₂ est mesurable, monétisable et politiquement exploitable.
Il ne brûle pas la peau, il ne tue pas directement , il s’exprime en chiffres.
Et dans un monde gouverné par les statistiques et les marchés, c’est une aubaine.
On peut le quantifier, le convertir en quotas, en crédits carbone, en taxes sur les émissions.
Bref, on peut en faire une économie.

Là où les métaux lourds, les dioxines ou la radioactivité échappent à la logique marchande, le CO₂, lui, entre parfaitement dans le cadre :
il permet à l’État de taxer “proprement”,
aux entreprises de spéculer “légalement”,
et aux consommateurs d’acheter leur “bonne conscience” sous forme d’étiquette verte.

C’est ainsi qu’est née la politique du carbone : une écologie comptable où chaque gramme devient une unité d’échange.
Les gouvernements ont pu dire : “Polluer coûtera cher.”
Mais en réalité, ils ont surtout créé un nouvel impôt mondialement légitime, déguisé en vertu écologique.
Les multinationales, elles, ont trouvé dans ce système un moyen de continuer à produire — à condition de payer, compenser ou délocaliser leurs émissions.
Le problème n’est plus la pollution, mais le prix de la pollution.

Et dans cette logique, tout ce qui ne se chiffre pas disparaît du débat.
On ne parle plus des microplastiques, des nitrates, des métaux lourds, ni même des déchets radioactifs.
Parce qu’ils ne rentrent pas dans le tableau Excel de la fiscalité verte.
Le politique, en réduisant la complexité du réel à un seul indicateur, le carbone , a réussi un coup de maître : simplifier la peur pour la rendre rentable.

Alors oui, le CO₂ joue un rôle dans le réchauffement climatique.
Mais le danger, c’est qu’on l’ait transformé en totem commode, une cible consensuelle, qui permet de légiférer, de taxer, de communiquer sans jamais remettre en question le système productif lui-même.
En somme, le CO₂ n’est pas seulement un gaz : c’est un outil de gouvernance.
Un mot magique qui justifie les impôts, les normes, les politiques industrielles et les campagnes publicitaires.

Et tant que la pollution restera un business, tant que la vertu sera convertible en taxe, on continuera à se battre contre les chiffres au lieu de se battre pour l’équilibre.