Ce qu’on ne voit pas quand on dit “zéro émission”
Description de l'article de blog :
1/2/20262 min read
Quand on parle de « zéro émission », on pense spontanément à la voiture électrique, aux panneaux solaires, aux énergies « propres ». Cette expression est souvent répétée, il est donc utile de prendre un moment pour l'examiner de plus près. Elle sous-entend qu'il existe une production, une technologie, une industrie sans trace, sans rejet, sans coût environnemental.
Or, dès qu'on gratte un peu la surface, cette promesse s'effrite.
Une batterie, par exemple, c’est un concentré de chimie, de métaux et d’énergie.
Pour la fabriquer, il faut extraire, transporter, fondre, assembler.
Chaque étape demande de l’eau, de l’électricité, des solvants, et produit des déchets.
On ne les voit pas, car ils se trouvent loin, dans les déserts de sel du Chili, dans les mines de cobalt de République démocratique du Congo, ou dans les zones industrielles d’Asie où se déroulent les raffinages.
C'est une pollution délocalisée, presque invisible, mais bien réelle. Et c'est là tout le paradoxe : nous avons construit une écologie qui se mesure au pot d'échappement, mais pas à la chaîne d'approvisionnement.
L'industrie automobile a appris à parler en grammes de CO₂, comme si tout le reste n'existait pas. Derrière chaque gramme économisé, il peut y avoir des tonnes de matière qui sont déplacées, consommées ou brûlées ailleurs. Cela ne veut pas dire que la voiture électrique est « mauvaise », elle représente un pas, indéniablement, vers un air plus respirable dans nos villes. Mais réduire la pollution uniquement au dioxyde de carbone est semblable à évaluer la santé d'un corps humain en ne regardant que sa respiration. Mais réduire la pollution au seul CO₂, c’est comme juger la santé d’un corps en regardant seulement sa respiration.
On oublie le sang, les organes, les déchets, tout ce qui fait vivre et vieillir le système.
En réalité, la voiture moderne n’a pas supprimé la pollution : elle l’a changé de forme. Elle est devenue plus silencieuse, plus technologique, plus propre à l'usage, mais plus complexe, plus dépendante, plus lourde à produire.
Et cette complexité, bien que fascinante, pose une question essentielle : peut-on vraiment comprendre quelque chose d'aussi compliqué ? La complexité est fascinante. Elle pose une question très importante. Cette question est : peut-on vraiment comprendre la complexité ?
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